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Blockchain : quelles avancées concrètes pour les usages quotidiens en 2024 ?

Par Maxime
6 minutes

La blockchain, de la finance au quotidien : un saut technologique en marche


Soutenue depuis plus d'une décennie par les innovations dans la cryptographie et les systèmes décentralisés, la blockchain commence à dépasser le stade du buzzword pour s'ancrer dans des services utilisables au fil des jours. Alors que la plupart des utilisateurs identifient encore la blockchain à la sphère des cryptomonnaies et des NFT, 2024 voit éclore de nouvelles initiatives concrètes qui transforment l'expérience numérique, la gestion des identités, les achats et même la sécurité des données personnelles.

Quels sont les domaines où la blockchain innove vraiment ? À quels changements peut-on s'attendre dans la vie des citoyens, des entreprises ou même des collectivités ? Panorama des usages qui font du registre distribué une réalité tangible.


De la transparence à la confiance numérique : les principes clés


La blockchain, technologie de stockage et de transmission d’informations sans organe central, repose sur trois piliers majeurs :

  • La décentralisation : chaque utilisateur détient une copie de l’historique, impossible à modifier sans consensus global.

  • L’inaltérabilité : une fois inscrite, l’information n’est plus falsifiable, garantissant l’authenticité des transactions.

  • La traçabilité : chaque étape est enregistrée, rendant tout flux transparent et vérifiable a posteriori.

Si ces points étaient jusqu’à récemment l’apanage de secteurs pointus (bancaire, spéculatif), ils ouvrent aujourd’hui de nouveaux usages pour les particuliers, les associations, ou le secteur public.


Du paiement aux transactions instantanées : simplification du quotidien


Le paiement décentralisé, fer de lance du Bitcoin puis de l’Ethereum, évolue avec de nouveaux protocoles plus rapides (Polygon, Solana…) et surtout, des interfaces enfin lisibles pour le grand public. En 2024, plusieurs banques européennes intègrent directement la gestion de portefeuilles blockchain dans leur application, rendant possible :


  • L’envoi d’argent entre particuliers sans frais, en quelques secondes, et sans intermédiaire bancaire classique.

  • Le règlement d’achats en ligne via des stablecoins (des devises numériques stables indexées sur l’euro ou le dollar), évitant la volatilité et garantissant la conversion instantanée.

  • L’accès à des micro-paiements pour des contenus numériques (articles, musique, vidéos), sans réabonnements lourds ni commissions abusives. Des médias ou plateformes de streaming proposent déjà cette option, payés « à la seconde » ou à l’unité consommée.

La démocratisation passe aussi par l'arrivée de cartes de paiement physiques compatibles blockchain offrant cashback, réductions partenaires et gestion multidevise intégrée.


Identité numérique : des papiers décentralisés à la vie réelle


En 2024, le besoin d’identification vérifiée prend de l’ampleur : ouverture d’un compte, démarche administrative, vote électronique, accès à des services publics… La blockchain apporte une solution grâce à l’identité auto-souveraine :


  • Portefeuille d’identifiants décentralisé : chaque citoyen peut stocker de façon sécurisée ses documents numériques (CNI, carte vitale, permis) dans un wallet chiffré dont il garde l’unique contrôle.

  • Réduction des risques d’usurpation : tout partage d’un justificatif se fait sans remettre le contrôle à un hébergeur centralisé ni risquer la fuite de ses données entières.

  • Authentification fractionnée : l’utilisateur peut prouver sa majorité, son éligibilité ou résidence sans dévoiler l’ensemble de ses informations personnelles, grâce à des systèmes de « zero-knowledge proof ».

Pays-Bas, Estonie et France testent ou déploient déjà des applications (eID, Domi, etc.) basées sur ce modèle pour fluidifier la relation citoyen-administration, tout en réduisant la fraude et la bureaucratie.


Achats et supply chain : une traçabilité à portée de scan


L’un des usages majeurs de la blockchain hors-finance concerne la chaîne d’approvisionnement. Désormais, le consommateur exige de savoir d’où viennent ses produits : origine des matières premières, respect des labels, empreinte carbone, trajet…


  • QR code sur l’emballage : en scannant, l’utilisateur accède à la fiche blockchain du produit qui retrace son parcours : lot, date de production, entrepôts traversés, certifications.

  • Lutte contre la contrefaçon : le registre infalsifiable prouve l’authenticité (vins, montres, vêtements de luxe) et protège les consommateurs.

  • Eco-responsabilité : l’impact environnemental ou social est rendu vérifiable, permettant au citoyen d’orienter ses achats et favorisant la transparence sur le recyclage ou la provenance locale.

Des acteurs comme Carrefour, Nestlé, ou LVMH expérimentent ou généralisent le tracking blockchain pour valoriser leur engagement et rassurer le client final.


Gestion et protection des données personnelles : le vrai changement ?


Face à la multiplication des fuites et piratages, les solutions issues de la blockchain pour la gestion des données privées émergent comme de réelles alternatives aux « cloud » centralisés :


  • Stockage chiffré, distribué et non piratable : chaque utilisateur gère le partage de ses fichiers ou de ses relevés de santé à la demande, sans risque d’accès par des acteurs tiers.

  • Droits d’usage paramétrables : une entreprise peut consulter un diplôme, un médecin un dossier, mais sans stocker ni recopier les données sur ses serveurs propres.

  • Vestige digital effaçable : avec le bon protocole, il est possible d’autoriser ou révoquer des accès à tout moment, redonnant la main à l’utilisateur sur sa vie numérique.

Plusieurs start-ups européennes proposent d’ores et déjà des coffres-forts numériques blockchain pour stocker contrats, testaments ou mots de passe, avec une couche supplémentaire de sécurité basée sur la cryptographie décentralisée.


Tokens et fidélité : réinventer les avantages clients


Au-delà des usages classiques de paiement, la logique des « tokens » permet d’inventer de nouveaux modèles de fidélisation client :


  • Points, coupons ou avantages convertibles : les cartes de fidélité deviennent interchangeables, échangeables ou réutilisables sur d’autres plateformes grâce à des écosystèmes ouverts.

  • Récompenses personnalisées et traçables : chaque client détient une « preuve d’achat » certifiée, échangeable pour des promotions, des cadeaux ou des services exclusifs.

  • Participation active : certains modèles de programmes, inspirés de la DAO (Decentralized Autonomous Organization), laissent le client voter sur l’évolution des récompenses ou la sélection de nouveaux produits grâce à ses jetons.

Des enseignes, supermarchés à fintechs, adoptent déjà ce modèle, séduisant une clientèle en quête de transparence et de récompenses sur-mesure.


Énergie, immobilier, vote : des cas d’usage qui se concrétisent


  • Énergie peer-to-peer : dans plusieurs quartiers pilotes en France et en Allemagne, des particuliers peuvent acheter ou vendre leurs surplus d’électricité solaire grâce à un « smart contract » qui crédite automatiquement chaque compte selon la production réelle mesurée.

  • Ticketing et événements : la billetterie basée sur blockchain garantit la lutte contre la fraude sur le marché gris, chaque ticket ayant un identifiant unique non falsifiable.

  • Vote électronique : certaines municipalités actives sur le numérique testent des scrutins sécurisés via blockchain, réduisant la fraude et augmentant la confiance citoyenne dans les processus démocratiques.

  • Tokenisation immobilière : la part d’un bien immobilier ou d’une résidence principale peut être fractionnée et revendue sous forme de « parts digitales », facilitant les investissements et la gestion collective tout en accélérant les transactions immobilières (expérimentations en Suisse, à Paris ou à Dubaï).

Quels freins ? Les limites à ne pas sous-estimer


  • L’accessibilité utilisateur : malgré les progrès, l’expérience souffre encore parfois d’interfaces complexes, de gestion des clés privées et d’un manque généralisé de pédagogie.

  • L’énergie consommée : certains réseaux (notamment Bitcoin) sont critiqués pour leur consommation élevée – bien que de nombreuses blockchains récentes adoptent des modèles plus économes (Proof of Stake vs Proof of Work).

  • La régulation : le flou juridique est encore courant selon les pays (statut des tokens, reconnaissance des contrats juridiques blockchain, protection des droits en cas de litige).

  • L’interopérabilité : chaque projet ajuste ses standards, limitant la possibilité de réutiliser portefeuilles, identifiants ou données entre différents services.

La progression rapide des consortiums industriels, de l’open source et des réglementations encourage cependant la convergence de ces standards dans les prochaines années.


Conclusion : la blockchain entre dans le quotidien “sans faire de bruit”


Si l’avenir s'annonce encore incertain quant à la généralisation de tous les usages, force est de constater que de plus en plus de solutions blockchain sont désormais intégrées de manière transparente dans les applications courantes. Paiement, identité, traçabilité des achats ou gestion des données : l’utilisateur final en bénéficie parfois sans même s’en apercevoir, preuve que la technologie a atteint un niveau de maturité suffisant.

Pour le grand public comme pour les entreprises, l’enjeu réside maintenant dans une adoption raisonnée et une information claire sur les possibilités offertes. Accompagnement, simplicité et interopérabilité : voilà les clés pour que la blockchain devienne le socle invisible d’une confiance nouvelle dans les services numériques de demain.

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