Cybersécurité

Cybersécurité des TPE/PME : bonnes pratiques à adopter en 2024

Par Maxime
5 minutes

Les enjeux grandissants de la sécurité informatique pour les petites entreprises


À l’ère de la transformation numérique, les TPE et PME françaises se digitalisent à une vitesse inédite. Comptabilité cloud, solutions collaboratives, e-mail professionnel, fiches client, messageries instantanées ou encore gestion commerciale en ligne : des secteurs jusqu’ici peu exposés doivent désormais composer avec une multiplication des outils connectés et, corrélativement, une surface d’attaque qui s’étend. Le cyber-risque n’est plus réservé aux grands groupes : en 2024, les statistiques montrent que près d’une cyberattaque sur deux cible une petite ou moyenne entreprise. Pourtant, beaucoup de dirigeants pensent encore qu’ils représentent une « proie secondaire », ou que leur activité engendre peu d’intérêt pour les pirates. C’est malheureusement faux, et la sinistralité des rançongiciels (ransomware) ne cesse de le prouver.


Panorama des principales menaces pour les entreprises de moins de 50 salariés


Que risque-t-on concrètement ? La typologie des attaques qui affectent les TPE et PME est variée :


  • Rançongiciels (ransomware) : verrouillage des fichiers sensibles en échange d’une rançon, souvent payable en cryptomonnaie.
  • Phishing (hameçonnage) : e-mails ou SMS frauduleux imitant des tiers de confiance (banque, administration, fournisseur) pour dérober des identifiants ou des informations bancaires.
  • Vol de données : extraction de fichiers clients, brevets, ou données RH destinées à être revendues ou exploitées lors de futures attaques ciblées.
  • Attaques sur logiciels obsolètes : exploitation de failles de sécurité non corrigées dans les systèmes d’exploitation ou applications métier.
  • Défaçage de site vitrine : modification de la page d’accueil, souvent par vengeance ou simple défi technique.
  • Fraude au président : usurpation d’identité d’un dirigeant pour détourner des virements vers de faux comptes fournisseurs.

Ces attaques ne paralysent pas seulement l’activité ou ne se contentent pas de nuire à l’image : elles peuvent entraîner pertes de chiffre d’affaires, obligations légales de déclaration (RGPD), ou même fermeture définitive si l’entreprise ne dispose pas des ressources pour se relever.


Premiers pas vers une stratégie cybersécurité accessible et pragmatique


La bonne nouvelle ? On n’est pas obligé d’investir des dizaines de milliers d’euros ni de faire appel à un DSI pour se protéger efficacement. Les fondamentaux de la cybersécurité pour les TPE/PME reposent avant tout sur un mélange de rigueur, de vigilance collective, et d’outils abordables à paramétrer correctement.


Mettre à jour systématiquement tous les logiciels


Cela peut paraître évident, mais la majorité des « piratages » observés viennent de failles non corrigées dans les systèmes ou applications métiers. Activez les mises à jour automatiques sur Windows, macOS, vos CMS (WordPress, PrestaShop...) et tous les modules installés (plugins, extensions, antivirus inclus). En cas d’utilisation de logiciels hors-ligne, prévoyez un calendrier de vérification mensuel pour éviter l’accumulation de vulnérabilités.


Renforcer la gestion des mots de passe et l’authentification


  • Imposez des mots de passe robustes (au moins 12 caractères, mélangeant majuscules, minuscules, chiffres et symboles).
  • Évitez les réutilisations et incitez à l’utilisation d’un gestionnaire de mots de passe (type Bitwarden, Dashlane, LastPass) pour stocker et générer automatiquement chaque accès.
  • Activez partout où c’est possible la double authentification (2FA) : c’est la parade la plus simple et efficace contre l’usurpation de comptes e-mail, Office 365, Google Workspace, etc.

Sensibiliser vos collaborateurs… et soi-même !


La meilleure technologie ne protège pas d’une erreur humaine. Or celle-ci est la principale faille des TPE. Un phishing réussi, un clic malheureux sur une pièce jointe piégée, ou un partage mal contrôlé de dossier Drive, et tout peut basculer. Pour parer à cela :


  • Formez vos salariés aux signaux d’alerte (expéditeurs douteux, faux sites web, demandes urgentes non cohérentes).
  • Mettez en place un protocole clair en cas de doute : mieux vaut demander et attendre quelques minutes que de tomber dans le panneau.
  • Nommez un référent cybersécurité, même non-expert, pour centraliser les alertes et diffuser les bonnes pratiques.

Des outils essentiels à la portée de toutes les structures


Investir intelligemment dans quelques solutions bien choisies peut faire toute la différence.


  • Un antivirus/antimalware professionnel : privilégiez des offres conçues pour les entreprises, qui incluent souvent un tableau de bord centralisé pour surveiller tout le parc (ex : ESET, Bitdefender, Sophos, Kaspersky Small Office, etc.).
  • Un pare-feu activé sur chaque poste (celui de Windows 10/11 est souvent suffisant si bien configuré, sinon possibilité d’opter pour une solution dédiée).
  • Un système de sauvegarde externalisée : la vraie parade contre le ransomware. Prévoyez une stratégie « 3-2-1 » : trois copies, sur au moins deux types de supports (disque local, NAS, cloud), dont une hors site ou inaccessible en permanence (clé USB, coffre cloud, etc.).
  • Des solutions cloud réputées : leurs équipes de sécurité sont forcément mieux équipées que la vôtre. Mais attention à configurer les droits de partage et à contrôler les accès externes.

Penser aussi à la sécurité des terminaux mobiles et du télétravail


Smartphones et laptops sont devenus de vrais vecteurs de risque dans les TPE/PME : accès boîte mail, Drive, contacts, voire facturation ou signature électronique. Quelques impératifs :


  • Misez sur un code PIN, une biométrie et chiffrer systématiquement vos appareils mobiles professionnels.
  • Pour le télétravail, limitez les accès VPN au strict nécessaire, séparez les usages pros/perso (pas de partage d’ordinateur familial), et suicédez la connexion dès la fin de la session.
  • En cas de vol ou perte, activez la localisation/suppression à distance (fonction « Localiser mon appareil » sur Android/iOS).

Contrôler les accès et droits utilisateur


  • Attribuez le bon niveau d’accès à chaque salarié : pas question qu’un stagiaire ou un commercial ait accès aux paies ou aux contrats clients !
  • Pensez à désactiver immédiatement les comptes des personnes quittant l’entreprise (y compris e-mail, outils en ligne, téléphones d’entreprise).
  • Effectuez systématiquement un bilan des accès une fois par an.

Mettre en place un plan de gestion de crise… même basique


Si une attaque survient, la panique n’aide jamais. Élaborez à froid un « scénario catastrophe » :


  • Protocoles « stop & isole » : déconnectez toute machine suspecte, coupez le Wi-Fi/Internet si besoin.
  • Conservation des preuves : faites des copies d’écran, notez les circonstances, sauvegardez les messages ou fichiers suspects.
  • Liste des personnes à prévenir immédiatement : prestataire informatique, assurance, plateformes cloud, CNIL en cas de fuite de données.
  • Testez vos sauvegardes avant d’en avoir besoin ! Restaurer un fichier ou un dossier complet doit pouvoir être réalisé en moins d’une heure.

S’appuyer sur cybermalveillance.gouv.fr, qui guide gratuitement vers les bons réflexes et des prestataires labellisés partout en France.


Aller plus loin : outils pratiques et recommandations concrètes pour 2024


  • Authentification multifacteur obligatoire sur tous les outils sensibles dès 2024 (logiciel comptable, messagerie, banque en ligne).
  • Formations courtes (mois du cyberscore, quiz en ligne, e-learning) : disponibles gratuitement sur le site de l’ANSSI ou via les chambres de commerce.
  • Utilisation de solutions sécurisées pour le partage de fichiers (évitez l’envoi massif en pièce jointe par mail, préférez Teams, Google Drive pro, Dropbox Business, ou la plateforme nationalisée « France Transfert » pour l’administratif).
  • Audit de sécurité : faites auditer ponctuellement vos pratiques par un prestataire de proximité ; demandez un rapport simple, centré sur les axes d’amélioration les plus urgents.

Un dernier mot : la cybersécurité, un facteur de confiance auprès des clients et partenaires


En 2024, l’assurance numérique n’est plus tant un coût qu’un investissement : il n’est pas rare qu’un appel d’offre ou un gros client exige des preuves de conformité (contrôle des accès, traçabilité, politique RGPD…). Afficher des pratiques solides, c’est garantir la pérennité de sa structure, rassurer ses partenaires, et fidéliser ses clients face à une concurrence où le moindre incident peut tout remettre en cause.


En résumé : une TPE/PME cybersécure ne vise pas le « zéro risque », mais s’équipe pour limiter les dégâts, rebondir vite… et prospérer sereinement, quel que soit son secteur d’activité ou son budget informatique.


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