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L’importance du BIOS et comment le mettre à jour en toute sécurité

Par Maxime
6 minutes

Comprendre le BIOS : un élément clé du fonctionnement de votre PC


Souvent ignoré du grand public tant qu’il fonctionne sans encombre, le BIOS (Basic Input/Output System) joue pourtant un rôle fondamental dans la vie de tout ordinateur. Véritable chef d’orchestre au démarrage, il initialise les composants matériels et prépare le système à lancer votre système d’exploitation préféré, que ce soit Windows, Linux ou autre. Que l’on utilise un ordinateur assemblé soi-même ou un modèle de grande marque, le BIOS constitue la première couche logicielle avec laquelle la machine interagit.


Pourtant, rares sont ceux qui prennent l’habitude de consulter, encore moins de mettre à jour, ce composant logiciel au fil du temps. Pourquoi est-ce important ? Que risque-t-on à délaisser ces mises à jour ? Et surtout, comment effectuer cette opération sans angoisse de tout « planter » ? Nous vous proposons dans ce guide un tour d’horizon didactique pour que la gestion du BIOS ne soit plus un mystère… ni une source d’angoisse.


Le BIOS : à quoi sert-il exactement ?


Au cœur de la carte mère, le BIOS est un petit programme stocké sur une puce mémoire non volatile. Lorsqu’on allume l’ordinateur, il vérifie que le matériel essentiel (mémoire RAM, processeur, disques durs, clavier, etc.) est présent et opérationnel. Cette phase, appelée POST (Power-On Self-Test), est cruciale : le moindre problème détecté provoque des « bips » d’alerte ou des messages d’erreur à l’écran.
Ensuite, le BIOS permet au système de démarrer sur le bon support (disque, clé USB, etc.), de gérer la configuration basique des composants, et d’assurer une compatibilité maximale entre les différents éléments.


Depuis plusieurs années, le BIOS classique tend d’ailleurs à être remplacé par l’UEFI (Unified Extensible Firmware Interface), offrant une interface plus moderne, des fonctionnalités de sécurité accrues (comme Secure Boot) et une meilleure prise en charge du matériel récent. Néanmoins, on parle encore fréquemment de « BIOS » pour désigner ces deux générations de microprogrammes.


Pourquoi une mise à jour du BIOS peut s’avérer essentielle


Il peut sembler tentant d’adopter la maxime « Si ça marche, ne touche à rien ». Pourtant, mettre à jour le BIOS peut résoudre des situations très variées :


  • Compatibilité : Accueil de nouveaux processeurs, gestion de mémoires RAM ou de SSD de dernière génération, ou prise en charge de cartes graphiques plus modernes.

  • Stabilité : Correction de bugs pouvant provoquer des écrans bleus, des ralentissements, voire des redémarrages impromptus.

  • Sécurité : Ajout de correctifs face à des failles matérielles ou logicielles (on pense à Meltdown, Spectre, etc.), sécurisation du démarrage et protection contre certains malwares ciblant le firmware.

  • Nouvelles fonctions : Options inédites dans le BIOS, réglages de tension/overclocking, ou optimisations pour économiser l’énergie.

Ne pas mettre à jour régulièrement revient à laisser potentiellement votre PC vulnérable ou limité dans ses évolutions à venir. Cependant, il ne faut pas non plus se précipiter sur chaque version publiée : identifier l’intérêt d’une mise à jour reste la première étape.


Quand et comment déterminer qu’il est temps de mettre à jour ?


Voici quelques situations dans lesquelles la mise à jour du BIOS se justifie particulièrement :


  • Vous installez un nouveau processeur, de la mémoire ou un périphérique récemment sorti.

  • Votre PC présente des problèmes de stabilité inexplicables, alors que tous les autres composants semblent à jour.

  • Le fabricant signale une faille de sécurité importante corrigée par un nouveau BIOS.

  • Vous êtes bloqué dans l’installation ou la mise à jour d’un système d’exploitation récent.

Avant toute chose, il est important de bien identifier la marque et le modèle exact de votre carte mère ou de votre PC portable. Les procédures et versions de BIOS varient considérablement d’un constructeur à l’autre (ASUS, MSI, Gigabyte, Dell, Lenovo, HP, etc.).


Étapes préparatoires : sécurité avant tout


  1. Notez la version actuelle : Au démarrage, il suffit en général d’appuyer sur Suppr, F2 ou F10 (selon la marque) pour accéder au BIOS et relever sa version. Il est également possible de la retrouver sous Windows en tapant « informations système ».

  2. Rendez-vous sur le site officiel du fabricant : Téléchargez exclusivement les fichiers BIOS correspondant à votre modèle (évitez absolument les sources non officielles).

  3. Lisez les notes de version : Certaines mises à jour sont cumulatives, d’autres nécessitent de passer par des versions intermédiaires.

  4. Sauvegardez vos données : Une panne durant la mise à jour n’efface pas vos fichiers (qui sont sur le disque dur), mais si le BIOS devient inutilisable, le PC peut devenir inutilisable sans intervention technique.

  5. Préparez une alimentation stable : Évitez toute coupure de courant. Sur un portable, chargez complètement la batterie et laissez l’appareil branché.

Les différentes méthodes de mise à jour du BIOS


Par l’utilitaire Windows du constructeur


De nombreux fabricants proposent une mise à jour directement depuis Windows via un utilitaire officiel (ASUS EZ Update, MSI Live Update, Dell Update, Lenovo System Update, etc.). Il suffit de lancer l’outil, de sélectionner le fichier à jour, et de suivre les instructions. Avantage : c’est simple et automatisé.

Inconvénient : si l’ordinateur subit un plantage ou une coupure électrique durant l’opération, le risque de corruption du BIOS est réel.


Par le BIOS/UEFI lui-même (Flash à partir d’une clé USB)


Très répandue aujourd’hui, cette méthode consiste à placer le fichier BIOS sur une clé USB formatée en FAT32. On redémarre ensuite le PC, puis on accède au BIOS/UEFI : une option « M-Flash », « EZ Flash », « Q-Flash » ou apparentée permet de lancer la mise à jour à partir de la clé. Cette solution a l’avantage d’être indépendante de Windows, et donc plus sûre en cas de crash logiciel.


Les applications DOS ou outils « bootables »


Solution plus rare de nos jours, certains fabricants fournissent un utilitaire DOS à lancer depuis une disquette ou une clé USB bootable. Cette approche est réservée aux cas particuliers (vieux équipements, absence d’accès au BIOS avancé, etc.).


Fonction « Dual BIOS » et sécurité accrue


Certaines cartes mères haut de gamme intègrent une mémoire BIOS redondante (« Dual BIOS »). En cas d’échec pendant la mise à jour, il est possible de restaurer la copie saine automatiquement, évitant le cauchemar du « PC brické » (planté irréversiblement).


Étapes détaillées d’une mise à jour réussie


  1. Téléchargez la dernière version BIOS sur le site officiel.

  2. Décompressez le fichier, placez-le à la racine d’une clé USB (FAT32).

  3. Redémarrez le PC, accédez au BIOS (Suppr, F2…).

  4. Lancez l’outil de mise à jour intégré, sélectionnez le fichier sur la clé.

  5. Confirmez l’opération, n’éteignez
    sous aucun prétexte durant le processus.

  6. Le PC va redémarrer, parfois plusieurs fois. Une fois terminé, vérifiez la version du BIOS et rétablissez les éventuels réglages personnalisés (ordre de boot, profils XMP mémoire, etc.).

Précautions, risques et solutions en cas de souci


Le risque majeur d’une mise à jour du BIOS mal menée reste le plantage dû à une interruption (panne de courant, mauvaise version flashée, clé USB défaillante). Dans ce cas, le PC peut refuser de démarrer totalement. Certains modèles disposent d’une option de « recovery », permettant parfois de re-flasher le BIOS avec une clé USB spéciale, mais cela devient vite technique.


Si vous ne vous sentez pas à l’aise, il vaut mieux déléguer l’opération à un professionnel ou au support technique du fabricant.


Retour d’expérience : témoignages d’utilisateurs


  • Clara, assembleuse PC : « La mise à jour du BIOS m’a permis de monter un processeur Ryzen dernière génération sur une carte mère sortie avant lui. Au départ, il refusait de démarrer, un simple flash et tout était réglé. »

  • Sami, télétravailleur : « Mon PC redémarrait de façon inexpliquée. Après recherche, j’ai vu que le fabricant recommandait une mise à jour du BIOS pour stabilité avec certains SSD NVMe. Depuis, plus aucun souci. »

  • Nicole, créatrice vidéo : « Je craignais de perdre mes réglages d’overclocking, la mise à jour a effectivement remis les paramètres par défaut, mais j’ai pu tout reconfigurer facilement. »

À retenir pour garder un BIOS fiable et à jour


  • Mettez à jour votre BIOS lorsque cela répond à un besoin concret (nouveau matériel, failles de sécurité, stabilité), mais évitez les manipulations inutiles.

  • Sauvegardez toujours vos fichiers les plus importants avant toute opération technique.

  • Utilisez exclusivement les fichiers du site officiel du constructeur, et ne vous précipitez pas sans lire attentivement les consignes spécifiques à votre modèle.

  • Veillez à la stabilité de l’alimentation chaque fois que possible (onduleur conseillé sur PC fixe).

  • Après mise à jour, revérifiez tous vos réglages avancés : le BIOS remet souvent les valeurs par défaut.

Le BIOS, aussi discret qu’indispensable, peut sembler intimidant. Pourtant, correctement anticipée, sa mise à jour offre de vraies avancées en termes de longévité, de fiabilité et de sécurité pour votre PC, qu’il serve à la bureautique, au gaming ou à la création. Un entretien simple, mais une démarche à ne jamais prendre à la légère !


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