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Test terrain : les meilleurs SSD NVMe du moment face à la réalité

Par Maxime
6 minutes

SSD NVMe : des promesses de vitesse à l’épreuve de notre quotidien numérique


Le marché du SSD NVMe est en pleine effervescence en 2024, porté par la démocratisation du PCIe 4.0 (et l’amorce du PCIe 5.0 sur quelques références pointues), les baisses de prix notables et les attentes grandissantes des utilisateurs en quête de réactivité, de silence et de sécurité pour leurs données. Mais face à la pléthore de modèles et de chiffres annoncés par les constructeurs, qu’en est-il réellement sur le terrain ? Nous avons mis à l’épreuve une sélection des meilleurs SSD NVMe récents, dans des cas concrets et des scénarios du quotidien.


Pourquoi choisir un SSD NVMe ? Comprendre l’enjeu technologique


Un SSD NVMe, c’est la promesse d’une vitesse de transfert radicalement supérieure aux SSD SATA classiques. Grâce à son interface PCI Express et au protocole NVMe (Non-Volatile Memory Express), ce type de stockage balaie les limitations historiques du SATA : démarrage de Windows quasi-instantané, lancement d’applications et de jeux en un clin d’œil, transfert massif de vidéos 4K/8K sans ralentissement.


  • Débit séquentiel : jusqu’à 7000 Mo/s pour les modèles PCIe 4.0, jusqu’à 13 000 Mo/s pour certains modèles en PCIe 5.0.
  • Temps d’accès : mesurés en microsecondes (contre les millisecondes des disques durs), capital pour le multitâche et la réactivité globale.
  • Formats : M.2 2280 ultra-compact pour PC portables et desktops modernes, parfois en version dissipateur thermique intégré pour la performance durable.

Notre sélection : les références NVMe passées au crible en 2024


  • Samsung 990 PRO PCIe 4.0 (1 To)
  • WD Black SN850X PCIe 4.0 (2 To)
  • Corsair MP600 PRO LPX PCIe 4.0 (1 To)
  • Crucial T500 PCIe 4.0 (1 To)
  • Seagate FireCuda 530 PCIe 4.0 (2 To)
  • Aorus Gen5 10000 PCIe 5.0 (2 To)

Ces modèles couvrent toutes les gammes : du best-seller grand public rapide (Crucial, Corsair) aux monstres de puissance pour gamers, créateurs et stations de travail (Samsung, WD, Seagate), jusqu’aux premiers SSD PCIe 5.0 réservés aux configs haut de gamme.


Bruit des specs vs. réalité : méthodologie de nos tests terrain


Pour faire la part des choses entre promesses de laboratoire et expérience réelle, nous avons soumis chaque SSD à un panel d’usages concrets :


  • Installation et clonage système : migration d’un OS Windows 11 sur SSD NVMe, réinstallation complète et benchmarks de démarrage.
  • Transfert massif de fichiers : copie d’un dossier de photos RAW (100 Go), déplacement de vidéos 4K ProRes, extraction de projets Adobe.
  • Lancement de jeux et apps métiers : chargement de niveaux lourds (Cyberpunk 2077, Flight Simulator), ouverture de suites photo/vidéo.
  • Usage prolongé et thermique : 4 heures de transfert continu, analyse des températures sans et avec dissipateur intégré.
  • Analyse SMART et gestion logicielle : contrôle de la santé du disque, fonctionnalités d’optimisation et récupération.

La vérité du chrono : résultats et ressentis en conditions variées


Débits séquentiels réels


  • Samsung 990 PRO : 7200 Mo/s en lecture, 6850 Mo/s en écriture soutenue (près de 95 % annoncés, y compris sur de gros transferts de 80-100 Go).
  • WD Black SN850X : 7000 Mo/s en lecture, entre 6100 et 6500 Mo/s en écriture selon la longueur du test.
  • Corsair MP600 PRO LPX : 6800 Mo/s lecture, 6000 Mo/s écriture, mais throttling marqué au-dessus de 60 °C sans chaleur dissipée.
  • Crucial T500 : 6500 Mo/s lecture, 5900 Mo/s écriture, stable et silencieux même sans dissipateur dédié.
  • Seagate FireCuda 530 : 7300 Mo/s lecture, 6800 Mo/s écriture, mais excellente tenue thermique sous charge grâce au dissipateur conséquent.
  • Aorus Gen5 10000: 10 100 Mo/s lecture, 8900 Mo/s écriture sur plateforme compatible PCIe 5.0 – un record, certes, mais avec une montée en température fulgurante.

Temps d’accès, chargements système et jeux


  • Démarrage Windows 11 : de 10 à 13 secondes post-BIOS sur tous les modèles PCIe 4.0 testés, descente à 9 secondes avec l’Aorus Gen5 (différence à l’œil imperceptible pour la plupart).
  • Installation d’Office ou d’Adobe : moins de 2 minutes sur tous les SSD, contre 5 à 8 minutes avec un vieux disque SATA !
  • Chargement jeux AAA : lancement de Cyberpunk 2077 en moins de 14 secondes, contre 40-45 secondes sur HDD, 18-22 secondes sur SSD SATA.

Transferts massifs : quand les différences deviennent sensibles


  • Copie dossier photos (100 Go, 50 000 fichiers) :
    • Samsung 990 PRO : 1min55
    • WD Black SN850X : 2min08
    • Corsair MP600 PRO : 2min19 puis réduction, throttling sensible après 60 Go.
  • Vidéo 4K (200 Go dossier unique) :
    • FireCuda 530 : 2min21 secs, stable très haut débit jusqu’à la fin.
    • Crucial T500 : 2min33, ralenti sur la toute fin (effet SLC cache rempli).

À retenir : toutes les références haut de gamme tiennent des débits remarquables sur les premiers Go, mais seules celles dotées d’un dissipateur bien pensé encaissent vraiment les longues écritures sans déclassement thermique (thermal throttling).


Températures et endurance : un point souvent sous-estimé


Les SSD NVMe modernes chauffent fort en usage intensif. Sans dissipateur (ou dans une tour sans ventilation latérale), on dépasse aisément les 70 °C, déclenchant une baisse automatique de performance pour éviter la surchauffe.
Lors de nos essais :

  • Samsung, FireCuda, WD Black (avec dissipateur intégré ou modélisation optimale du PCB) : 55 à 62 °C maxi en pleine charge (lecture+écriture simultanée).
  • Modèles sans dissipateur (Corsair LPX, Crucial T500) : passages réguliers à 71-73 °C dans un boîtier peu ventilé.
  • Aorus Gen5 : jusqu’à 78 °C en continu, recommandé exclusivement avec dissipateur-actif (petit ventilateur ou radiateur massif).

C’est le point de vigilance majeur : un bon SSD NVMe ne tient ses débits max que s’il résiste à la montée en température. Le surcoût des versions « dissipateur » se justifie donc pleinement si vous transférez souvent de gros fichiers ou jouez pendant de longues heures.


Logiciels maison, garantie, SAV : la différence sur la durée


Un SSD rapide, c’est bien. Un SSD monitoré et garanti, c’est mieux. Tous les grands fabricants proposent leur utilitaire dédié : Samsung Magician, WD Dashboard, Seagate Toolkit… Diagnostics de santé, effacement sécurisé, migration facile de l’OS ou du contenu, mais aussi mises à jour du firmware améliorant la stabilité à long terme.


  • Garantie : 5 ans systématiques sur toutes les références prestigieuses, en général pour 600 à 1400 To de données écrites (TBW).
  • SAV : retour simple via le revendeur pour la majorité des marques, support avancé chez Samsung et WD en cas de souci logiciel.

Tarifs : une performance devenue (presque) accessible


  • SSD NVMe PCIe 4.0 (1 To) : 65 à 110 € selon modèle et présence ou non de dissipateur intégré.
  • SSD PCIe 4.0 (2 To) : 135 à 180 € (WD Black, FireCuda 530 premium).
  • SSD PCIe 5.0 (2 To, dissipateur requis) : 250 à 320 € encore peu accessibles mais prouesse technologique.

Le PCIe 4.0 offre désormais le meilleur rapport performance/prix : pour jouer, travailler la vidéo, ou simplement prolonger la réactivité d’un portable, le passage au NVMe s’impose. Le PCIe 5.0 est réservé aux configurations premium où la carte mère et le CPU sont compatibles… et où la dissipation thermique est irréprochable.


Quels critères pour choisir le bon SSD NVMe ?


  • Compatibilité carte mère : vérifiez le support PCIe 4.0 ou 5.0, la longueur M.2 acceptée et la présence d’un dissipateur natif (notamment sur laptops).
  • Profil d’usage : priorité à la capacité ou à la vitesse ? Un 1 To suffit pour gaming/bureautique, 2 To voire 4 To pour photo/vidéo intensive.
  • Températures maîtrisées : préférer les versions « heatsink » (radiateur) pour éviter tout bridage thermique.
  • Logiciel et garantie : utilitaire maison et garantie longue sont des atouts en cas de pépin.

Bilan d’usage : le SSD NVMe, nouvel indispensable pour tous ?


Nos tests confirment : indéniablement plus rapide, le SSD NVMe change le quotidien, de la mise sous tension au montage vidéo ou à l’archivage massif. Si chaque fabricant revendique des scores de débit records, c’est le couple vitesse + maîtrise thermique qui s’avère discriminant après quelques heures intenses. Un bon SSD NVMe, même en milieu de gamme, dynamise n’importe quelle configuration moderne : il fait oublier la lenteur, le bruit et les délais d’un disque mécanique. Privilégiez un modèle robuste, bien ventilé, et suivi par un utilitaire logiciel solide : l’écart de prix avec les SSD SATA ou les modèles d’entrée de gamme est aujourd’hui minime, pour un confort durablement supérieur.


L’arrivée du PCIe 5.0 ouvre la voie à des records, mais reste pour l’heure réservée à quelques passionnés et usages professionnels très spécifiques. En 2024, c’est le SSD PCIe 4.0 NVMe qui s’impose comme choix optimal pour le grand public : un investissement raisonnable pour des années de réactivité et de fluidité sur tous vos appareils.


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