En 2024, la bataille des processeurs mobiles fait rage : que faut-il vraiment comparer ?
Smartphones et tablettes sont devenus les hubs numériques de notre quotidien. Au cœur de ces appareils : les processeurs mobiles, véritables cerveaux électroniques aux architectures et performances en constante évolution. Entre promesses marketing et tests réels, comment s’y retrouver ? Quelles sont les réelles différences de performances entre les processeurs mobiles en 2024 ? Ce guide analyse les dernières tendances, dissèque les chiffres et détaille l’expérience utilisateur selon les usages concrets.
Les grandes familles de processeurs mobiles en 2024
Cette année, le marché des processeurs mobiles se structure autour de quatre géants : Qualcomm (Snapdragon), Apple (puces série A et M), Samsung (Exynos) et MediaTek (Dimensity). Sans oublier Google (Tensor), qui monte en puissance dans ses propres smartphones Pixel.
- Qualcomm Snapdragon : omniprésent sur les modèles Android haut et milieu de gamme, avec une segmentation claire : Snapdragon 8 Gen 3 (flagship), Snapdragon 7+ Gen 3 (premium abordable), Snapdragon 6/4 pour l’entrée/milieu de gamme.
- Apple A17 Pro & M3 : réservé aux derniers iPhone et iPad, avec en point d’orgue, la continuité entre mobilité et ordinateur portable grâce à la gamme M (M2, M3 sur iPad Pro 2024).
- MediaTek Dimensity : challenger devenu incontournable, du grand public (Dimensity 6000, 8000) jusqu’au premium (Dimensity 9300).
- Samsung Exynos : présent sur certains marchés ou modèles Galaxy S24 et A55, avec une volonté de rattraper Qualcomm notamment en IA embarquée.
- Google Tensor (G3) : dédié aux Pixel, spécifiquement optimisé pour l’IA, la photo et la gestion intelligente des tâches en arrière-plan.
Critères techniques et architecture : la course à la puissance… mais pas seulement
Comparer les processeurs ne se limite plus à la seule fréquence annoncée ou au nombre de cœurs. Les véritables différences se jouent désormais à plusieurs niveaux :
- Architecture ARM : tous exploitent des variantes de l’architecture ARMv9 (ou ARMv8.2 selon la gamme). La finesse de gravure (de 4 nm à 3 nm en 2024) permet d’augmenter la densité des transistors tout en réduisant la consommation.
- CPU multicœur « big.LITTLE » : la répartition entre cœurs « hautes performances » (Cortex-X4, X3, Prime, Avalanche chez Apple) et cœurs « efficiency » (Cortex-A510, Apple Blizzard, etc.) module la puissance selon la tâche.
- GPU intégré : Adreno (Qualcomm), Apple GPU, Mali (Samsung/MediaTek) ou Immortalis (MediaTek premium). Les différences sont notables sur les jeux 3D, la réalité augmentée et les tâches graphiques.
- Unité dédiée à l’IA (NPU, Neural Engine) : essentielle pour la photographie computationnelle, la traduction temps réel, l’optimisation batterie et les assistants vocaux.
- Modem 5G : des débits variables mais surtout, une maîtrise de la consommation lors des téléchargements ou en itinérance.
Performances brutes : benchmarks et tests synthétiques
Les sites spécialisés et laboratoires multiplient les benchmarks (Geekbench 6, AnTuTu, 3DMark Wild Life Extreme…) pour comparer les processeurs mobiles. Quelques chiffres se dégagent en 2024 :
- Apple A17 Pro et Apple M3 : indétrônables sur les performances monocœur (3500-3800 pts sur Geekbench 6), ce qui assure une fluidité exceptionnelle sur l’iPhone 15 Pro et l’iPad Pro 2024. Les GPU surclassent aussi les Snapdragon les plus récents sur les usages créatifs mais se rapprochent sur le gaming intensif.
- Snapdragon 8 Gen 3 : performances multicœur très élevées (7500-8000 pts Geekbench 6), et véritable bond sur le plan graphique (Adreno 750) grâce au ray tracing matériel ; très prisé sur les flagships Android (Samsung Galaxy S24 Ultra, OnePlus 12, Xiaomi 14…).
- MediaTek Dimensity 9300 : défie quasi à égalité le Snapdragon 8 Gen 3 sur la plupart des tests, particulièrement efficace en IA générative et sur la gestion batterie/efficience thermique.
- Google Tensor G3 : scores synthétiques légèrement en retrait sur le CPU brut, mais optimisations hautement visibles sur la photo (traitement HDR, Night Sight) et la dictée vocale.
À noter : dans la pratique, l’écart de chiffres « purs » se traduit souvent par quelques fractions de seconde sur les ouvertures d’applis, mais reste notable sur le traitement photo/vidéo, le montage 4K ou le jeu 3D soutenu.
Expérience utilisateur : comment les différences se ressentent-elles au quotidien ?
Bureau et navigation
Pour la majorité des utilisateurs (mail, web, messages, réseaux sociaux), tous les processeurs haut et milieu de gamme assurent aujourd’hui une fluidité sans accroc. La différence s’observe surtout sur la gestion du multitâche intensif, le lancement simultané d’applications lourdes ou l'usage prolongé du split-screen.
Photographie et vidéo
C’est le terrain où les écarts deviennent concrets : traitement d’images, application des filtres HDR, retard de l’obturateur, récupération des clichés en mode nuit ou vidéo 4K/8K. L’A17 Pro d’Apple, le Snapdragon 8 Gen 3 et le Tensor G3 sont les plus efficaces, grâce à leur NPU/Neural Engine : l’iPhone 15 Pro excelle en vidéo ProRes et en mode cinéma ; les Pixel 8 subliment l’IA photo avec un rendu instantané. Les différences deviennent sensibles dès que l'on multiplie les prises longues ou que l'on exploite pleinement les modes avancés.
Jeux 3D et AR : les champions sont (presque) tous Android, sauf…
L’arrivée de titres AAA mobiles pousse les processeurs dans leurs retranchements. Là encore, Apple et Qualcomm trônent en tête, mais les derniers MediaTek ne sont plus exclus du haut du panier. Le modèle M3 sur iPad Pro flirte avec la catégorie laptop, tandis que le Snapdragon 8 Gen 3 se démarque par sa gestion intelligente de la température lors de longues sessions. Pour du jeu compétitif (Fortnite, Genshin Impact, Call of Duty Mobile), la différence se traduit par des taux de rafraîchissement toujours stables (jusqu’à 120 fps en natif sur certains écrans).
Batterie et chauffe
La puissance brute a longtemps rimé avec surchauffe et autonomie sacrifiée. En 2024, la maîtrise thermique (grâce à la gravure en 3/4 nm et des stratégies logicielles avancées) marque la différence lors d’une utilisation prolongée. Notamment, l’A17 Pro et le Dimensity 9300 affichent des cycles optimisés : gestion dynamique des cœurs, extinction sélective en veille, et meilleure expérience lors de rechargements rapides/scénarios de charge intensive.
Intelligence artificielle embarquée : l’atout décisif des processeurs modernes
En 2024, parler de performances mobiles sans aborder l’IA serait un non-sens. Les processeurs se distinguent par leur capacité à exécuter localement des tâches jusqu’ici réservées au cloud : retouche photo instantanée, transcriptions automatiques, traduction vocale, gestion intelligente de l’énergie…
- L’Apple Neural Engine atteint jusqu’à 35 000 milliards d’opérations par seconde : visible dans toutes les apps créatives, la dictée vocale, l’analyse d’images et l’adaptation en temps réel de l’interface.
- Qualcomm Hexagon NPU (Snapdragon 8 Gen 3) optimise la gestion des assistants intelligents, la détection d’objets dans les photos et l’amélioration du son et de la vidéo lors des visioconférences.
- Google Tensor G3 reste la référence pour la reconnaissance vocale et la photographie computationnelle, grâce à ses optimisations sur Android natif.
Les différences ne se lisent pas sur une fiche technique, mais dans le quotidien : rapidité du traitement photo, suggestions contextuelles (rédaction automatique, correction de texte), traduction en déplacement hors ligne, etc.
Milieu et entrée de gamme : quel impact sur la durée de vie et les usages ?
Si les flagships présentent des écarts de plus en plus ténus, les processeurs milieu et entrée de gamme affichent des différences visibles sur la réactivité, la longévité des mises à jour logicielles et l’adaptabilité aux usages futurs (ex : prise en charge de la future 6G, optimisations IA à venir).
- Snapdragon 7+/6 Gen 3, Exynos 1480, Dimensity 8000 : très capables en usage classique et jeux légers, moins adaptés pour la vidéo 4K/8K ou le multitâche avancé ; la taille de la RAM et la rapidité du stockage pèsent aussi dans la balance.
- Risques à surveiller : compatibilité AR/VR, mises à jour OS plus courtes, accélération IA moins performante et gestion thermique parfois plus aléatoire sur des smartphones à faible coût.
Tableau comparatif synthétique des principales puces mobiles 2024
| Processeur | Architecture / Gravure | CPU | GPU | Scénario d’excellence |
|---|---|---|---|---|
| Apple A17 Pro | 6 cœurs/3nm | Monocœur : 3800 Multi : 7200 | Apple 6-core | Photo/vidéo, fluidité, IA haut de gamme |
| Snapdragon 8 Gen 3 | 8 cœurs/4nm | Monocœur : 2900 Multi : 8000 | Adreno 750 | Jeux 3D, polyvalence, autonomie |
| Dimensity 9300 | 8 cœurs/4nm | Monocœur : 2850 Multi : 7800 | Immortalis-G720 | Efficience thermique, IA locale |
| Tensor G3 | 9 cœurs/4nm | Monocœur : 2360 Multi : 6500 | Mali-G715 | Photo computationnelle, Android pur |
| Exynos 2400 | 10 cœurs/4nm | Monocœur : 2350 Multi : 6800 | Xclipse 940 | IA embarquée, gaming Android select |
Conclusion : bien choisir selon vos besoins, pas que selon les chiffres
En 2024, la question ne porte plus sur la « puissance brute » mais sur la cohérence entre processeur, système d’exploitation, besoins réels et avenir du support logiciel. Les différences de performances sont spectaculaires sur certains usages (création de contenus, jeux, exploitation de l’IA) mais souvent invisibles lors d’une utilisation classique.
Pour bien choisir :
- Ciblez la gamme adaptée à vos usages (photo/vidéo, gaming, apps intensives).
- Vérifiez les retours d’expérience sur votre modèle de smartphone/tablette, la gestion thermique et l’autonomie étant primordiales.
- Surveillez les mises à jour logicielles annoncées : l’optimisation dans la durée comptera souvent plus que le benchmark du premier jour.
- L’intégration IA/photographie désormais essentielle : un processeur orienté IA donnera un net avantage dans les années à venir.
En somme, le processeur mobile parfait n’est pas celui du classement, mais l’alliance performante entre vos priorités, votre budget et l’écosystème logiciel de votre appareil.